Wednesday, October 18, 2017

Georg Scholz, la Nouvelle Objectivité

Self-portrait, 1926


L'artiste allemand Georg Scholz a eu sa formation artistique à l'Académie de Karlsruhe. Hans Thoma a été un de ses professeurs. Il a ensuite étudié à Berlin sous la direction de Lovis Corinth. Après le service militaire dans la Première Guerre mondiale, il a repris la peinture, travaillant dans un style qui peut être décrit comme à la fois cubiste et futuriste.

En 1919, il devient membre du Parti communiste, et son travail des années suivantes est très critique de l'ordre social et économique dans l'Allemagne d'après-guerre.

Scholz était l'un des leaders de l'école Nouvelle Objectivité, avec Otto Dix, George Grosz et Christian Schad. Il est nommé professeur à l'Académie d'art de Karlsruhe en 1925. Scholz commence à contribuer en 1926 à la revue satirique Simplicissimus et en 1928 il visite Paris où il apprécie particulièrement le travail de Pierre Bonnard.

Avec l'arrivée au pouvoir des National-Socialistes en 1933, Scholz fut rapidement écarté de son poste d'enseignant. Déclaré artiste dégénéré, ses œuvres font partie de celles saisies en 1937 dans le cadre d'une campagne de «purification» de la culture allemande par les nazis. Il est interdit de peindre en 1939. Il meurt en 1945, peu de temps après la fin de la guerre.




                  By Georg Scholz - via imgur.com, Public Domain,

Saturday, October 14, 2017

Hôtel Excelsior, Berlin


 
Carte (1932) du restaurant du grand hôtel Excelsior. Cet hôtel était relié par un passage souterrain à la gare d’Anhalter. « Le plus grand tunnel hôtelier du monde », explique la carte. Il était probablement, non seulement le plus grande mais aussi le seul au monde…


L'hôtel est construit entre 1905 et 1908 par Otto Rehnig à proximité de la Potsdamer Platz, au cœur de Berlin-Ouest et inauguré en 1908 avec deux cents chambres. Quatre ans plus tard un agrandissement permet d'en doubler la capacité. L'Excelsior, à la différence du luxueux Esplanade, s'adresse surtout à une clientèle d'hommes d'affaires qui voyagent et arrivent à Berlin par la gare voisine.


L'hôtel est bombardé en 1945. Les ruines sont rasées en 1954, le passage souterrain est démoli dans les années 1980.


Monday, October 9, 2017

Gustav Wunderwald, peintre de Berlin

Pont sur Ackerstraße, 1927

Gustav Wunderwald (1882 - 1945) était un peintre allemand du style Nouvelle Objectivité et un décorateur théâtral né à Cologne.
En 1925 et 1926, Wunderwald était représenté à la Grande Exposition d'Art de Berlin et à partir de 1927 dans de nombreuses expositions nationales. Ses sujets étaient des paysages industriels dans les quartiers berlinois de Moabit et Marché, les canyons de rue de Prenzlauer Berg, des immeubles (« casernes locatives ») à Spandau. Il a peint des ponts, des métros, des gares, des panneaux publicitaires, ainsi que des villas à Charlottenburg. Les gens sont réduits au rôle de figures anonymes vues par derrière.
De cette période, il a écrit: "Les choses les plus tristes m'ont frappé dans l'estomac. Moabit et Wedding m'accrochent le plus avec leur sombreté et leur désolation" (1926).
À l'ère nazie, ses œuvres ont été dénigrées par les autorités et, à partir de 1934, il n'a pas été autorisé à exposer ou à vendre. Au cours de cette période, il gagnait sa vie en colorant des panneaux publicitaires pour Ufa et pour Mars Film.
La redécouverte de Wunderwald après la Seconde Guerre mondiale a été l’œuvre du fonctionnaire de l'art de Berlin, Friedrich Lambart, avec la rétrospective de 1950 "Images de Berlin".


Friday, October 6, 2017

Berlin, le matin


Extrait de L'exposition, roman de Hugo Walter, disponible sur Amazon.fr

Il aimait son travail à Babelsberg comme il aimait Berlin. Parfois, s'il n'était pas trop pressé, il s'arrêtait deux minutes sur le chemin du travail pour admirer la vue depuis le pont sur la Spree tout en allumant une Juno.
Sept heures et demie. Berlin s'est mis en marche. Une caravane incessante d'ouvriers et d'employés de bureau sort de la bouche du métro ou s'empresse vers le S-Bahn.
Il s'amuse à étudier les différents chapeaux. Il y a les feutres à large bord ou ceux de forme plus compacte, dont les propriétaires portent aussi cravate ou nœud papillon. Mais ce qui prédomine dans ce quartier sont les casquettes, de visière étroite ou bien large et lustrée comme celles des cochers ou des porteurs de gare. À l'occasion un panama, île tropicale dans un océan de feutre obscur. Et puis les secrétaires, dactylographes, opératrices de standard, avec leurs couvre-chefs bleus, verts, roses, des touches de couleur dans le gris tourbillon masculin.
Finie la cigarette, il traverse le pont lui aussi. De l'autre côté de la rivière, un cercle de badauds. Un homme en costume marron et casquette à carreaux, debout derrière une table pliante, attire l'attention des passants avec une voix de stentor. "Pour le compte de la bien connue et très renommée maison Krüger und Söhne, pour la toute première fois dans la capitale du Reich." Mais : qu'est-ce qu'il vend ? On ne voit pas de couteau de cuisine. On ne voit pas de portefeuille avec poche spéciale pour document d'identité et photos des "êtres aimés", idéal aussi bien pour monsieur que pour madame.
Pliée sur son bras droit, une veste qu'il prend soin de souiller avec de l'encre noire. Dans sa main gauche, une petite boite en carton. Il dépose la veste sur la table, tire de sa valise une bouteille d'eau et un verre, ouvre la boite et dilue son contenu, – une poudre blanche – dans le verre d'eau. Il bouche l'ouverture du verre avec la paume de la main et secoue énergiquement. Ensuite il applique la mixture à la veste.
Miraculeusement, la tache d'encre disparaît. "Miracle ? Rien de tel, cher et très respecté public, tout simplement l'effet strictement scientifique de ce produit étonnant que j'ai le plaisir et l'honneur de mettre à votre disposition en exclusivité absolue et en représentation de la firme Krüger und Söhne, fleuron de l'industrie chimique allemande, un produit dont la formule est un secret soigneusement gardé. Aucun miracle, mesdames et messieurs. Mais ce qui peut vraiment et sans exagération être qualifié de miraculeux c'est son prix : à peine un mark vingt la boite, une promotion spéciale valable uniquement à la date d'aujourd'hui."
Sacha se dispose à traverser l'avenue qui court parallèle au pont lorsqu'il voit un tramway de la ligne trente-deux qui arrive. Deux piétons s'approchent de la voie eux aussi. "Attention !", crie-t-il. Les hommes le regardent curieux mais ils n'arrêtent pas leur marche, c'est plutôt le tramway qui réduit la vitesse, pour s'arrêter complètement à deux mètres des piétons. Imperturbables, ils passent devant le véhicule sans lui adresser un regard.
Comment pouvaient-ils prévoir que le tramway allait s'arrêter ? Il n'y a pas d’arrêt à ce lieu. Mais ils savent bien qu'à ce point le conducteur est obligé de descendre à la voie pour opérer le changement d'aiguilles avec sa barre de fer.
Il est fasciné par cette désinvolture, par cette assurance métropolitaine, l'élégance du mouvement des gens, évitant adroitement les autres passants, évaluant judicieusement vitesses et obstacles de manière à ne jamais avoir à s'arrêter, à ne jamais enfreindre cette loi de la grande ville : le mouvement continu.

Monday, October 2, 2017

Nous sommes tous Dada, Berlin est Dada


Révolution à Berlin en 1920



Du blog de Philippe CADIOU 
 

En 1920 à Berlin c’est la foire internationale Dada. Un moment de Grace dans le vingtième siècle. Après cette poussée vers le haut, l’effet Dada va se dissoudre, sauf pour les artistes qui s’y seront engagés : George Grosz, Hannah Höch (la Dadasophe), John Heartfiled, Franz Jung, Walter Mehring, Erwin Picsator, Richard Huelsenbeck, Raoul Hausmann (le Dadasophe), Carl Einstein, Hans Arp, Max Ernst (le Dadamax), Johannes Baader, Walter Serner, Wieland Herzfeld, Kurt Schwitters… dont on sait si peu de choses aujourd’hui.

Picasso découvre l’art comme révolution créatrice dans le cadre de la peinture – son œuvre tourne autour d’un noyau vide qui nécessite toujours de recommencer à partir de zéro et repartir dans de nouvelles directions. Les artistes Dada ont aussi découvert l’art comme révolution créatrice en faisant exploser le cadre général de la tradition esthétique, l’art dans son ensemble devient un noyau vide qui nécessite de repartir de zéro et chercher de nouveaux usages de l’art et par exemple atteindre directement la vie : transformer la vie en art. Une révolution explose à l’intérieur du cadre, une révolution explose hors cadre. Ne faut-il pas voir que les deux mouvements appartiennent à la même histoire au lieu de les opposer ?

D’où vient que l’art au vingtième finisse par s’identifier avec la révolution créatrice ? De la science ? De la politique ? Une révolution créatrice, c’est la rencontre d’une idée créatrice et d’un champ d’expérience à réinventer à l’intérieur d’une vie. Imaginons que ces vies se rassemblent autour d’une même idée, la révolution créatrice entre dans un champ à plusieurs.

Tout comme le génie de l’inconscient la révolution créatrice est anonyme. Qu’importe qu’il y ait tel ou tel nom dans l’histoire de l’art et qu’il s’ensuive une étonnante religion de la personnalité créatrice – cela reste stupéfiant : « la gloire est un scandale » dit avec raison Arthur Cravan. Disons que celui qui laisse un nom dans l’art ou dans la science, est celui qui aura capté essentiellement l’orientation de la révolution créatrice de son temps.

Si le mouvement Dada du Cabaret Voltaire en 1916 se veut antiphilosophique (contre les avant-gardes esthétiques et savantes), C’est à Berlin en 1920 que les artistes dadaïstes renouent avec l’avant-garde et rassemblent dans le même mouvement les théories révolutionnaires politiques, l’invention de la psychanalyse et la réinvention de l’art, trois révolutions créatrices.

Ce cocktail, c’est de l’explosif pour le vingtième siècle et le surréalisme français ne fera que lui emboîter le pas. Mais après lui tous les mouvements de contestation artistiques : Cobra, le situationnisme, Fluxus, etc. et tous ceux qui sont à venir.

C’est à Berlin tout à coup que la radicalité du vingtième siècle se décide et que partent les révolutions (et les contre-révolutions). Il s’agit bien de décider de la création de nouveaux mondes possibles. Cette connexion des trois révolutions créatrices se fait dans la tête de Raoul Hausmann (le Dadasophe), Hannah Höch (la Dadasophe), Richard Huelsenbeck, Kurt Schwitters, Otto Gross…

L’usage politique de l’art et la psychanalyse comme révolution créatrice, aura été réprimé systématiquement par les grands modèles politiques du vingtième siècle : le communisme autoritaire les systèmes politiques ultraconservateurs et les systèmes totalitaires.

Derrière l’art et la science s’engagent de grands remaniements de la vérité et seule la vérité aura été révolutionnaire.

Dès que l’art et la psychanalyse ont tenté des connexions avec la question du modèle politique, ils ont été réprimés – même encore aujourd’hui, que dire d’une société où c’est l’expert politique et économique qui parle exclusivement ?

L’art et la psychanalyse ont le souci commun de dégager la dimension du vrai des conventions abrutissantes et rassurantes du conformisme social et il est impossible de réveiller les hommes lorsqu’ils dorment sous les chapes de plomb des systèmes de pouvoir, même au nom de l’intérêt des individus. De ce fait, ni l’art ni la psychanalyse ne peuvent jamais servir un pouvoir ou une institution sans se détruire eux-mêmes. On ne peut transformer une révolution créatrice en système politique sans détruire la puissance révolutionnaire du vrai. Les possibilités créatrices des individus sont très surveillées.

Qu’il y ait eu en 1920 à Berlin ces rencontres étonnantes de la pensée, foyer des insurrections créatrices du vingtième siècle, marque notre histoire et montre la proximité de la question politique avec l’art. Car la révolution créatrice ne saurait être entièrement monopolisée par la technologie dans la mesure où la technique ne crée aucune vérité pour l’homme. C’est du côté de la poésie que se dit une vérité seule qui impacte et qui bouleverse nos vies.

Philippe Cadiou, 2016

Friday, September 29, 2017

Berlin dans la littérature allemande

Photo: Friedrich Seidenstücker

 Un extrait d'un article de Pierre Deshusses, traducteur et écrivain:

Longtemps, la littérature allemande a méconnu le monde de la ville, lui préférant la Heimat, synonyme de campagne et d’idylle. Il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que des écrivains tels qu’Alfred Döblin, Thomas Mann ou Bertolt Brecht fassent vraiment entrer la ville dans la littérature, relayés dans le domaine de la peinture par des artistes comme George Grosz et Otto Dix. Berlin, devenue capitale de la première République allemande, au lendemain de la défaite de 1918, occupe naturellement la première place ; mais, la menace du IIIe Reich se précisant, les écrivains en viennent à voyager de plus en plus, et Paris, Marseille et Nice, lieux de refuge ou d’exil, seront aussi l’objet de descriptions et d’évocations souvent publiées sous forme de reportages pour les journaux auxquels ils collaborent. Ainsi, l’essayiste Siegfried Kracauer (1889-1966) écrivait pour la Frankfurter Zeitung, et le romancier Joseph Roth (1894-1939), éternel exilé allant d’hôtel en hôtel, connut d’abord la gloire comme chroniqueur pour divers journaux allemands et autrichiens.
« Une confusion bien ordonnée ; un arbitraire exactement planifié ; une absence de buts sous une apparence de finalité. Jamais encore autant d’ordre n’a été appliqué au désordre. » C’est ainsi qu’en 1930 Roth appréhende Berlin, symbole à ses yeux d’une histoire allemande marquée par la déchirure. Fascinante et repoussante, la capitale concentre toutes les tares et toutes les qualités d’un intermède démocratique fulgurant mais fragile. La même année, Kracauer va visiter les bureaux de placement berlinois où s’entassent les chômeurs et où « l’attente devient une fin en soi ». On vient ici pour échapper à la solitude, comme on va dans les cabarets et les cafés « où tu sembles le protagoniste sans vie d’époques délaissées ».
L’un et l’autre s’attachent à dresser le portrait d’une ville frémissante qui va bientôt devenir le chaudron de la barbarie. Kracauer est subtil et parfois sentencieux ; Roth est l’homme qui regarde et raconte ce qu’il voit, quitte à cogner. Mais, chacun à sa façon, ils déploient le panorama d’un univers où une beauté à la Blaise Cendrars se niche au creux des dangers. « Un voyage en métro est parfois plus riche d’enseignements qu’un voyage sur les mers ou dans des pays lointains », écrit Roth. 

Du Monde Diplomatique, fèvrier 2014 

Monday, September 25, 2017

U-Bahn, le métro de Berlin



À la fin du XIXe siècle, on commençait à rechercher des solutions aux problèmes de circulation dans Berlin et les communes limitrophes qui furent annexées plus tard par la ville. Après que plusieurs solutions eurent été étudiées et rejetées, le premier tronçon de métro entre Warschauer Straße et Zoologischer Garten avec une branche vers la Potsdamer Platz fut construit puis mis en service en février 1902. Il s'agissait encore, pour l'essentiel, d'un métro aérien. Peu de temps après, les communes de Wilmersdorf, Schöneberg et Charlottenburg (qui ne faisaient pas encore partie de la ville de Berlin) commencèrent à planifier leur propre ligne de métro qui devait d'abord circuler entre Dahlem au Sud et Spittelmarkt au Nord, puis être prolongée jusqu’à Olympiastadion. Ce réseau primaire à petit gabarit correspond aux actuelles lignes U1, U2, U3 et U4.
Après la Première Guerre mondiale et l'absorption des communes limitrophes dans la Grand Berlin en 1920, les plans d'une ligne de métro entre Wedding et Tempelhof avec une éventuelle branche vers Neukölln - furent mis au point. Cette ligne dite Nord-Sud constitue l'actuelle ligne U6 sauf la branche de Neukölln intégrée de nos jours à la U7. La société AEG entreprit également la construction de sa propre ligne (la GN-Bahn, actuelle ligne U8) entre Gesundbrunnen et Leinestraße dans le quartier de Neukölln en passant par Alexanderplatz. Mais l'achèvement de ces nouvelles lignes fut retardé jusqu'à la fin des années 1920 à cause de la crise économique et la période d'hyperinflation que connut l'Allemagne entre 1918 et 1923. Dans les années 1930, une nouvelle ligne de métro, la future U5, fut construite entre Alexanderplatz et Friedrichsfelde à l'est du centre-ville. Toutes ces nouvelles lignes, contrairement à celles qui existaient, furent construites pour des rames à grand gabarit.
Informations tirées de Wikipedia

Friday, September 22, 2017

Flapper-girls de Berlin

Betty Karrenbauer

Les flappers étaient des jeunes femmes dans les années 20, qui montraient leur dédain pour le style vestimentaire et le comportement conventionnel.
Les flappers étaient surtout connues pour leurs mœurs libres (alcool fort, cigarettes, sexe et autres...).

Le style flapper, originé aux États-Unis, a eu beaucoup de succès en Allemagne aussi, surtout à Berlin.

On reconnaît une flapper à sa jupe courte et à ses cheveux plutôt courts ou coupés au carré. Elle ne portait pas de corset, contrevenant ainsi la norme sociale des années précédentes.

L’actrice Louise Brooks en était l’archétype, mais Fräulein Betty Karrenbauer était une flapper pur jus elle aussi. Je doute par contre que Lilian Harvey, le rêve blonde, ait pu être considérée flapper.

Tuesday, September 19, 2017

Lilian Harvey et Irgendwo auf der Welt

Lilian dans Ein Blonder Traum, avec Willy Fritsch à sa gauche et, au fond, Berlin

Lien pour Irgendwo sur Youtube


Lilian Harvey, née à Londres en 1906 était une actrice et une chanteuse anglo-allemande. Sa mère était anglaise et son père était un homme d'affaires allemand.

Elle rencontre un énorme succès en 1930 avec « Die Drei von der Tankstelle » (remake française : Le Chemin du paradis), première comédie musicale du cinéma allemand, tournée par Wilhelm Thiele.

En 1931, son film franco-allemand Le congrès s'amuse réalisé par Erik Charell, par ailleurs producteur de spectacles de revue, est un des plus grands succès de l'année dans les salles françaises.

Elle est chassée d'Allemagne par les nazis qui confisquent sa fortune (dont elle récupérera une partie par la suite).
La chaîne Arte a montré récemment une comédie où Lilian joue le rôle principale, accompagnée par Willy Fritsch : « Laissez faire les femmes ». Un film inhabituel puisque il est réalisé sous le nazisme, en 1936 et que l’action est située à New York, même si tous parlent allemand. 
 
"Irgendwo auf der Welt" ("Quelque part dans le monde") est une chanson composée par Werner Richard Heymann pour le film de 1932 « Un rêve blonde » (Ein Blonder Traum). Les paroles sont de Robert Gilbert.

À l'origine interpretée dans le film par Lilian, "Irgendwo..." est devenue l’une des plus renommées grâce au sextet allemand, les Comedian Harmonists.
En 2006, la chanteuse allemande Nina Hagen a utilisé le nom de la chanson comme titre de son album de covers of swing / jazz classics.
Lilian Harvey


Saturday, September 16, 2017

Plaques commémoratives à Berlin



Comme toute capitale qui se respecte, Berlin prend souci de rendre hommage à ses habitants ou visiteurs célèbres. Devant les adresses concernées on fixe, depuis 1986, une plaque en porcelaine blanche avec texte bleu. Avec leur aide, on peut découvrir les demeures d’artistes, écrivains et politiciens qui dans une période de leurs vies ont séjourné ou habité Berlin. La liste est longue : Walter Benjamin, Lilian Harvey, Vicki Baum, Konrad Adenauer, Irmgard Keun, Kurt Weill. Mais aussi David Bowie, Mark Twain (qui avait dit de Berlin que la ville était un centre d’intelligence lumineux), Albert Einstein, le champion de boxe Max Schmeling, le réalisateur hollywoodien Ernst Lubitsch, Hannah Arendt.
Mais on signale également les sites de bâtiments célèbres disparus : théâtres, salles de cinéma, cafés.

Thursday, September 14, 2017

Louise Brooks


Quand on parle de Berlin, de berlinois célèbres, ou de personnages qui ont contribué à la légende de Berlin, on tombe souvent (le plus souvent?) sur des filles et des gars nés dans d’autres villes allemandes voire dans d’autres continents. Il y a Brecht, il y a Billy Wilder, Vera Broïdo, Margo Lion, Alfred Döblin… Et pour ajouter encore un nom, souvenons nous de la grande, de la iconique Louise Brooks, la protagoniste du grand classique « Loulou », de Georg Pabst (1929), la femme qui rendit populaire la coiffure à la garçonne. Née, non pas à Friedrichshain ni à Kreuzberg mais bien à Cherryvale (Kansas) en 1906.

Tuesday, September 12, 2017

Histoire de Berlin (pour les nuls?)



Non, pas du tout pour les nuls mais bien pour les assoiffés de connaissance. Le texte qui suit est tiré du site visitberlin.de 



La Première Guerre mondiale, qui se répand tel un incendie en raison d'obligations d'alliance, engendre la mort de 17 millions de personnes dans le monde. La lassitude de la guerre, la pauvreté et la faim ne font qu'augmenter l'indignation du peuple. Leur protestation atteint son point culminant lors de la révolution de 1918 lorsque Philipp Scheidemann (SPD) proclame la république le 9 novembre du haut du balcon du Reichstag, à Berlin.
La république de Weimar : soulèvement spartakiste
La guerre est perdue, l'empereur a abdiqué et la jeune république cherche la stabilité. À la poursuite d'une république socialiste des conseils ouvriers, le nouveau parti communiste allemand (KPD), fondé par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht  n'arrive pas à s'imposer. Le soulèvement spartakiste du 5 au 12 janvier 1919 qu'ils initient dans certaines parties du centre de Berlin  est anéanti de manière sanglante par les unités des corps francs fidèles au régime. Les sociaux-démocrates du SPD s'affirment en tant que groupe parlementaire le plus fort lors des élections de l'assemblée nationale. Friedrich Ebert est élu président du Reich, et Luxemburg comme Liebknecht sont assassinés dans le parc du Tiergarten par des soldats des corps francs.


Berlin, métropole (culturelle)
Grâce à la « Loi formant le Grand-Berlin » de 1920, Berlin devient une des plus grandes villes industrielles d'Europe. Les droits fondamentaux et libertés personnelles instaurés par la Constitution de Weimar permettent l'ascension de la ville sur la Spree au rang de métropole culturelle des années 20. L'Art et la Culture connaissent alors un essor jusqu'ici impossible. Les artistes les plus importants de l'époque se rencontrent au Romanischen Café sur le Kurfürstendamm (Bertolt Brecht, Otto Dix, Max Liebermann, Erich Kästner, Joachim Ringelnatz, Billy Wilder, entre autres) et Josephine Baker introduit le Charleston en Allemagne – avec sa représentation en 1926 au théâtre Nelson sur le Kurfürstendamm. En 1928, le « Dreigroschenoper » de Brecht et Kurt Weill fait sa première au théâtre sur le Schiffbauerdamm et devient un succès mondial. En plus du boom de la vie nocturne berlinoise proposant spectacles de divertissement et variétés, la ville se développe aussi la journée. En 1921, Berlin bénéficie avec AVUS de la première autoroute du monde, en 1923 l'aéroport de Tempelhof est inauguré et en 1926 la tour émettrice de radio est ouverte au public lors de la troisième exposition de la radio.
La crise économique mondiale
L'assemblée nationale qui siège tout d'abord à Weimar en raison des troubles politiques intérieurs se voit obligée de signer le 23 juin 1919, sous la pression des puissances de l'entente, le Traité de Versailles et d'accepter de reconnaitre que le début de la Première Guerre mondiale relève de la seule responsabilité de l'Allemagne. Le paiement des réparations qui en résulte s'élève à 132 milliards de marks allemands et pèse fortement sur le Reich allemand. Cela donne aussi à l'extrême droite une raison qui tombe à pic pour combattre la république. La crise économique mondiale qui gagne également Berlin en 1929 conduit 664 entreprises à la faillite et le nombre de chômeurs atteint 450 000 personnes. Jusqu'en 1932, la production industrielle de la ville se retrouve réduite de moitié et le taux de chômage atteint 30,8 pourcent. Les 600 000 Berlinois concernés ne peuvent qu'espérer recevoir l'aide de l'association d'aide sociale aux travailleurs (AWO), dans la mesure où ils n'avaient pas contribué à l'assurance chômage en place depuis 1927.

Croissance du NSDAP
La légende du coup de poignard dans le dos, la question de la responsabilité dans la guerre, la crise économique mondiale, la pauvreté, la faim et le manque de perspectives rendent le peuple allemand réceptif à la propagande du NSDAP (parti des travailleurs allemands national-socialiste) qui travaille à la suppression de la république depuis 1920. Après que l'interdiction de parler imposée à Hitler est levée également en Prusse, il s'adresse pour la première fois en public en 1928 au Palais des Sports berlinois. Les bagarres dans les établissements et dans la rue de plus en plus courantes à la fin des années 20 entre la Sturmabteilung nationale-socialiste (SA) et le Roten Frontkämpferbund (RFB) communiste trouvent leur apogée lors du « Mai sanglant » de 1929 avec 30 morts, 200 blessés et 1 200 emprisonnements. Le NSDAP remporte 5,8 % des voix et donc 13 mandats au conseil municipal lors des élections de l'assemblée des conseillers municipaux du 17 novembre 1929. En 1932, le NSDAP remporte les élections du Reichstag en juillet (37,4 %) ainsi qu'en novembre (33,1 % / Berlin : 25,9 %) – à la suite de quoi le président du Reich Hindenburg transmet à Hitler le convoité titre de chancelier du Reich le 30 janvier 1933.

Sunday, September 10, 2017

Volker Kutscher, écrivain berlinois de Cologne


Volker Kutscher, historien et germaniste, est né le 26 décembre 1962 à Lindlar (Allemagne). Il a débuté comme journaliste avant de se tourner vers le roman policier. Actuellement il vit à Cologne.
Le Poisson mouillé est le premier volet d'une série d'enquêtes du commissaire Gedeon Rath. Je ne l’ai pas lu, mais il paraît intéressant et son sujet est précisément celui de ce blog. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Philip Kerr, dont la bien connue "trilogie berlinoise" se passe non pas à l'époque de la république de Weimar mais déjà sous le joug nazi, vers 1935.

« Après la répression des émeutes communistes du 1er mai 1929, la police de Berlin n'a plus droit à l'erreur. Et avec le cadavre d'un mystérieux Russe sur les bras, la tâche s'annonce ardue. Seul le commissaire Gereon Rath, fraîchement débarqué de Cologne, connaît son identité. Face à l'hostilité de ses collègues et à la corruption, il va devoir se salir les mains s'il veut gagner ses galons. »

Critique de Gilles Heuré dans Télérama :
« Willkommen, bienvenue, welcome ! » : on se souvient de la chanson de Cabaret, le film de Bob Fosse. Bienvenue donc à Gereon Rath, jeune commissaire de police venu de Cologne, qui débarque à Berlin en cette année 1929. Affecté à la police des moeurs, mais impatient de passer à la Criminelle, Gereon Rath va devoir résoudre plusieurs affaires qui témoignent d'une société weimarienne en pleine décomposition. Une enquête sur des photos porno représentant l'empereur Guillaume II en petite tenue ne serait rien s'il ne fallait aussi comprendre pourquoi un Russe au corps torturé se retrouve dans le Landwehrkanal. L'intrigue policière, haletante à souhait, prend un autre relief dans le climat berlinois de 1929. C'est toute la complexité de l'Allemagne prête à glisser dans le nazisme qui transparaît ici. Les quartiers « rouges » en ébullition, qui font craindre à la police un putsch en préparation, l'opposition entre communistes et sociaux-démocrates, les milices paramilitaires et l'action souterraine des Ring­vereine, ces associations de malfrats qui se partagent les quartiers : c'est dans cette atmosphère que le jeune commissaire Rath évolue. Ajoutons à cela des relations tendues avec une logeuse hystérique, des rapports amoureux fluctuants avec une jeune dactylo, et, pour couronner le tout, l'ambiance délétère des boîtes de nuit berlinoises... Ce roman noir et brun politico-sanglant, premier volet d'une trilogie annoncée, a tout pour meubler les insomnies.

Friday, September 8, 2017

Bagarre à la Leipzigerstrasse


Un extrait de « Adieu à Berlin », de Christopher Isherwood :

Une nuit d’octobre 1930, environ un mois après les élections, il y avait une grande bagarre à la Leipzigerstrasse. Les gangs des nazis sont venus se manifester contre les Juifs. Ils brutalisaient des piétons aux cheveux noirs et aux gros nez et brisaient les fenêtres de tous les magasins juifs. L'incident n'était pas en soi très remarquable; Il n'y a pas eu de morts, très peu de fusillades, pas plus d'une douzaine d'arrestations. Je m’en souviens seulement parce que c'était ma première introduction à la politique de Berlin.

Fräulein Mayr, bien sûr, était ravie : "Bien fait!" s'écria-t-elle. "Cette ville est malade de Juifs. Retournez une pierre, et quelques-uns d'entre eux vont ramper. Ils empoisonnent l'eau que nous buvons! Ils nous étranglent, ils nous volent, ils nous sucent le sang. Regardez tous les grands magasins: Wertheim, KDW, Landauers. Qui les possède? Des sales voleurs, des Juifs ! »

"Les Landauers sont des amis personnels à moi," rétorquai-je lentement, et quittai la chambre sans donner à Mlle. Mayr le temps de penser à une réponse appropriée.

Ce n'était pas strictement vrai. En fait, je n'avais jamais rencontré un seul membre de la famille Landauer. Mais, avant de quitter l'Angleterre, un ami commun m'a remis une lettre de présentation. Je me méfie des lettres de présentation, et je n'aurais probablement jamais utilisé celle-ci, si ce n'était à cause de la remarque de Mlle. Mayr. Maintenant, perversement, j'ai décidé d'écrire à Frau Landauer sur le champ.

Wednesday, September 6, 2017

Encore Isherwood (et encore Berlin)



D'un article sur le site de la BBC:

Christopher Isherwood arrive à Berlin en 1929. Il a récemment abandonné sa formation médicale à Londres et a publié un roman sans succès. À 24 ans, il savait qu'il avait besoin d'un nouveau départ - et, lorsqu’ il quitte l'Allemagne en 1933, il a trouvé le matériel pour se faire un nom comme écrivain.

Ses histoires semi-autobiographiques du Berlin d'avant Hitler ont eu beaucoup d’influence, d'abord dans la littérature puis, retravaillées par d'autres comme pièce de théâtre, musical et à l'écran.

Isherwood est allé en Allemagne pour rejoindre son ami, le poète WH Auden. Les deux jeunes hommes, tous deux homosexuels, cherchaient des stimulants intellectuels, mais ils espéraient également des divertissements plus charnels. Comme Isherwood l'a rappelé beaucoup plus tard: "Pour Christopher, Berlin signifiait des garçons".

"Le père d'Auden avait offert de payer une année sabbatique à son fils. Il a choisi Berlin, je pense, en raison de l'atmosphère sexuelle", explique le professeur Norman Page, qui a écrit un livre sur les deux écrivains à Berlin.

"Sans doute, il a écrit des lettres excitées et excitantes à Isherwood l'exhortant à se joindre à lui. Auden est rentré au pays, mais Isherwood est resté presque quatre ans et n'a jamais réellement vécu en Grande-Bretagne".



Le texte complet

Saturday, September 2, 2017

Hans Baluschek


Une scène de rue. À Berlin bien sûr, mais où exactement ? Difficile à dire. Ça pourrait être la Bülowplatz, aujourd’hui Rosa-Luxemburg-Platz, dans les quartiers Est. À gauche, deux hommes à casquette, des ouvriers peut-être. L’un d’eux porte une épingle rouge sur sa veste. Pas la Légion d’Honneur, à coup sûr. Probablement un emblème du Parti Socialdémocrate (SPD).

L’auteur du tableau s’appelait Hans Baluschek et il était justement membre du SPD. Il est mort en 1935, à 65 ans, après avoir été classé comme « artiste dégénéré » par le régime nazi et interdit donc -comme tant d’autres artistes de valeur- d’exercer son métier de peintre.

Wednesday, August 30, 2017

Vera Broido

À droite, Vera. Photo: August Sander.

Vera Broïdo, écrivain et féministe, est née à St Petersbourg en 1907, la fille de deux révolutionnaires juifs russes. En 1914 sa mère, l'éminente menchevik Eva Broïdo, fut condamnée à l'exil en Sibérie pour avoir pris position contre la guerre.

Au cours de son séjour à Berlin dans les années 1920, Vera rencontre l'avant-gardiste et Dadaïste Raoul Hausmann et devient sa muse et maîtresse. Ils formaient un ménage à trois avec sa femme Hedwig Mankiewitz dans le quartier à la mode de Charlottenburg.

Après un séjour en Irlande du Nord, elle s'est installée en Angleterre, où elle est décédée en 2004.

Saturday, August 26, 2017

Le monde d'Isherwood


En 1976, plus de 30 ans après sa belle époque à Berlin, Christopher Isherwood écrit un livre de mémoires : Christopher et son monde, publié en français chez Fayard. Il n’est pas question que de ses expériences berlinoises : après Berlin, Isherwood a voyagé dans l’Europe des années 30 pour finalement s’installer en Californie, où il est mort en 1986. 
 
Dans ce livre, il commente ses livres berlinois, écrits en première personne mais où le narrateur est présenté d’une manière quelque peu impersonnelle. Maintenant, Christopher « sort du placard ». Il assume son homosexualité et raconte que, s’il choisit de vivre à Berlin dans les années 20-30, c’est principalement à cause de la liberté sexuelle qu’y régnait. 
 
« Paris », une métropole considéré souvent comme la Mecque du romanticisme, du glamour, de l’érotique pour ne pas dire du vice, « Paris voulait dire filles », explique-t-il, tandis que « Berlin, ça voulait dire garçons ». Dans le livre est donc beaucoup question de ce milieu particulier là, même si il donne un aperçu de la vie berlinoise d’une manière générale. 
 
Il y a quelques années, un film a été fait pour la télévision, basé sur les mémoires de Isherwood. Il peut être vu sur YouTube, mais sans sous-titres français. Il y a bien de sous-titres anglais, ce qui peut aider à la compréhension à ceux qui ont une certaine connaissance de la langue de Jack l’Éventreur et de Shakespeare.


Le lien, le voici :

Thursday, August 24, 2017

Christopher Isherwood et Sally Bowles


L’un des livres qui a le mieux décrit le Berlin d’entre-deux-guerres, et façonné notre perception de ce lieu et de cette époque (surtout pour le publique anglo-saxon), est bien Adieu à Berlin, de Christopher Isherwood. 
 
Le roman, un récit semiautobiographique du temps passé par son auteur dans le Berlin des années 1930, décrit l'Allemagne pré-nazie et les personnes qu'il a rencontrées. . Il est écrit comme une série de six histoires courtes reliées entre elles.

S’étant installé en Allemagne pour travailler sur un roman, le jeune écrivain Isherwood entre bientôt en relation avec un large éventail de citoyens allemands: la propriétaire du pensionnat où il se loge, Frau Schroeder; la "divinement décadente" Sally Bowles, une jeune Anglaise qui chante dans le cabaret local; Natalia Landauer, riche héritière juive d'une entreprise familiale prospère; Peter et Otto, un couple gay qui s'efforce d'accepter leur relation et leur sexualité à la lumière de la montée des nazis.

Sally Bowles, personnifiée par Liza Minnelli, est l'un des personnages principaux de Cabaret, film de 1972 réalisé par Bob Fosse.

Monday, August 21, 2017

Comedian Harmonists



Bulgarian Archives State Agency


https://www.youtube.com/watch?v=zNlA1_HY-Lg



Les Comedian Harmonists étaient un sextuor vocal allemand. Pendant l'entre-deux-guerres, l'ensemble était renommé dans toute l'Europe. Les Comedian Harmonists se sont séparés avant leur interdiction de se produire en public par les autorités culturelles du nazisme, trois de leurs membres étant Juifs.
Les membres : Ari Leschnikoff, Roman Cycowski, Erich A.Collin, Harry Frommermann, Robert Biberti, Erwin Bootz. Ils se rencontrèrent pour former le groupe, ils ne se connaissaient pas auparavant. Leschnikoff et Cycowski étaient employés dans la Grossen Schauspielhaus, l’une des scènes les plus importantes de Berlin.
Leur succès se trouva coïncider avec la montée du nazisme en Allemagne. Roman Cycowski dira : « Nous fûmes une lumière brillante dans un temps bien sombre ». Enfin, la généralisation de la radio, et phonographe dans les foyers a également servi leur popularité.
Le groupe a influencé les orchestres de Jack Hylton en Grande-Bretagne et de Ray Ventura en France. Son style fit par la suite de nombreux émules allant des Frères Jacques à Max Raabe.
En 1997, Josef Vismaier leur consacra un excellent film, qu’on peut voir sur youtube, malheureusement sans sous-titres en français (mais en espagnol, oui).




Encore un film sur les Comedian, un documentaire cette fois, mais toujours sans sous-titres :

Saturday, August 19, 2017

L'hymne de Berlin




La chanson Berliner Luft, de Paul Lincke, est considérée comme l’hymne non officiel de la ville. Elle le numéro final pour chaque saison des Berliner Philharmoniker. Un peu comme Land of Hope and Glory pour les concerts des BBC Proms à l’Albert Hall de Londres.

Ici, dans la belle version de Lizzi Waldmüller, chanteuse d’operette, non pas berlinoise mais autrichienne (!).


Pour l’entendre, cliquez ici :

https://www.youtube.com/watch?v=jgKiAb5b2LI&t=78s


Thursday, August 17, 2017

C'est dans l'air


La revue Es liegt in der Luft (C’est dans l’air), de Marcellus Schiffer et Micha Spoliansky eut sa première en 1928. Dans les trois rôles principaux, Margo Lion (la femme de Schiffer), Marlene Dietrich (encore pas très connue) et Oskar Karlweis. Karlweis était un acteur autrichien qui jouait souvent dans des comédies légères et des opérettes.

À Berlin, il a joué l’un des trois prétendants de Lilian Harvey dans Die drei von der Tankstelle, un film à grand succès qui eut, comme c’était la habitude à l’époque, sa version française, Le chemin du paradis. On peut penser que, étant donné qu’il s’agissait de films muets, il aurait été plus facile de tout simplement traduire les sous-titres, mais non, on faisait un film tout neuf, avec le même scenario et les mêmes dialogues mais avec des acteurs français. Une exigence des syndicats peut-être ?

Dans le film on peut voir également l’ensemble Comedian Harmonists, un groupe musical très en vogue. 

Le numéro le plus connu de Es liegt in der Luft était sans doute Wenn die beste Freundin mit der besten Freundin (Si la meilleure amie avec la meilleure amie), une chanson dont le thème pouvait être compris comme ambigu du point de vue des relations entre les sexes. Il est même devenu une sorte de “hymne” lesbien. 


Les paroles: 

Wenn die beste Freundin
Mit der besten Freundin
Um was einzukaufen,
Um was einzukaufen,
Um sich auszulaufen,
Durch die Straßen latschen,
Um sich auszuquatschen,


Quand la meilleure amie
Avec sa meilleure amie
Va faire du shopping,
Va faire du shopping,
Va faire de l'exercice,
En se promenant dans les rues,

Causant de tout et de rien,

Dit la meilleure amie

À la meilleure amie:

Ma meilleure, ma meilleure petite amie!


Oh ma meilleure amie,

Oh ma jolie amie,

Oh ma copine fidèle,

Oh ma douce amie!
Et puis, un trio avec le mari d'une des filles:


Fille 1: Tu m'as trompé avec elle.

Époux: parce que tu m'as trompé avec elle.
Fille 2: Et tu m'as trompé avec lui
Fille 1: Parce que tu m'as trompé avec lui
Époux: Oh, qu'est-ce qu’on a des relations familiales compliquées! Ne voulons-nous pas nous entendre plutôt?